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Le manque de désir dans le couple, ce que personne ne dit vraiment

  • Photo du rédacteur: Coralie Meneec
    Coralie Meneec
  • 5 avr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 avr.

Il est là. Vous l'aimez. Et pourtant vous n'avez plus envie.

Pas d'une façon dramatique. Pas parce que quelque chose s'est passé. Juste... l'envie s'est effilochée, doucement, sans que vous ayez vraiment vu venir.

Et le silence autour de ce sujet est assourdissant.


Il est là. Vous l'aimez. Et pourtant — vous n'avez plus envie.

Pas d'une façon dramatique. Pas parce que quelque chose s'est passé. Juste... l'envie s'est effilochée, doucement, sans que vous ayez vraiment vu venir.

Et le silence autour de ce sujet est assourdissant.

Ce n'est pas un problème individuel, c'est un problème de système

La première chose que l'on entend en cabinet quand un couple aborde la baisse de désir : "C'est de ma faute" ou "C'est de la sienne."

Ni l'un ni l'autre.

Le désir dans un couple n'appartient pas à une seule personne. Il se produit dans l'espace entre deux personnes un espace qui, lui, évolue avec le temps, la vie, les enfants, le travail, la fatigue, et quelque chose de plus insidieux : la certitude.

Esther Perel l'a formulé mieux que quiconque : le désir a besoin de distance pour exister. Il a besoin d'un espace entre soi et l'autre une part de mystère, d'altérité, de surprise.

Quand la vie de couple réduit cet espace à zéro quand l'autre est connu, prévisible, présent en permanence le désir perd son carburant naturel.

Ce n'est pas un défaut du couple. C'est une loi de la physique érotique.



Les 4 vraies raisons du manque de désir dans un couple

1. La fatigue et la charge mentale

Le désir est un luxe du système nerveux parasympathique. Il ne peut exister que quand le cerveau n'est plus en mode survie.

Un couple avec des enfants, deux emplois, des finances à gérer, et une maison à entretenir vit en mode survie permanent. Le désir ne disparaît pas il est juste en veille forcée.


2. La communication sur la sexualité n'a jamais eu lieu

La plupart des couples n'ont jamais eu une vraie conversation sur ce qui les excite, ce qui les freine, ce qu'ils aimeraient essayer. Le sexe se fait en silence, par habitude, jusqu'au jour où l'un d'eux réalise que cette habitude ne lui convient plus.

Le désir ne peut pas se nourrir de suppositions.


3. La distance émotionnelle

Le désir sexuel et la connexion émotionnelle sont étroitement liés surtout pour les femmes, mais de plus en plus documenté chez les hommes aussi. Quand le couple s'est transformé en association de gestion du quotidien, le désir n'a plus de terrain pour s'épanouir.

On ne désire pas vraiment quelqu'un avec qui on est en froid depuis trois jours sans l'avoir dit.


4. La routine érotique

Le cerveau s'ennuie. Il a besoin de nouveauté pour activer les circuits du désir. Une sexualité trop prévisible même agréable finit par ne plus stimuler l'accélérateur.

Ce n'est pas un manque d'amour. C'est de la neurobiologie.



Ce que les couples qui s'en sortent font différemment

Ils ne "laissent pas faire le temps." Ils ne "font des efforts pour faire l'amour même sans envie" comme un devoir conjugal.

Ils font trois choses :


Ils parlent. Pas en reproche. En curiosité. "Qu'est-ce qui te ferait du bien en ce moment ?" est une question plus utile que "Pourquoi on ne fait plus l'amour ?"


Ils créent les conditions. Ils planifient l'intimité pas parce que c'est romantique, mais parce que le désir réactif a besoin d'un contexte favorable pour émerger. Une soirée sans enfants, un rituel de reconnexion, un moment qui signale "on sort du quotidien."


Ils entretiennent l'altérité. Ils maintiennent chacun une vie propre, des passions séparées, des territoires intimes. L'autre reste quelqu'un qu'on retrouve pas seulement quelqu'un qu'on côtoie.



Et si c'est plus profond ?

Parfois, le manque de désir est le symptôme d'autre chose. Une dépression sous-jacente. Un ressentiment non dit. Un trauma qui n'a pas été nommé. Une relation qui s'est construite sans jamais poser les fondations de l'intimité réelle.

Dans ces cas, parler seul à deux ne suffit pas.

C'est précisément pour ça que la thérapie de couple existe pas pour les couples qui se détestent, mais pour les couples qui s'aiment et veulent que ça fonctionne vraiment.


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Coralie Meneec — Sexothérapeute & Thérapeute de couple

Le Petit Q — Mieux vous connaître pour mieux aimer 💛

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